| 12 vues | Patrick BUKASA

Plaidoyer en faveur de l’Administration de masse des médicaments antipaludiques dans le contexte de la riposte contre Ebola

Une délégation mixte du Programme national de lutte contre le paludisme et de SANRU Asbl a mené un plaidoyer auprès du Gouverneur militaire de l’Ituri afin de renforcer l’appropriation provinciale de l’Administration de masse des médicaments antipaludiques (AMMA). Cette intervention vise à réduire rapidement la charge du paludisme et à soutenir la riposte contre la maladie à virus Ebola.

En prélude au lancement officiel de l’Administration de masse des médicaments antipaludiques, communément appelée AMMA, une délégation mixte du Programme national de lutte contre le paludisme, PNLP, et de SANRU Asbl a échangé avec le Gouverneur militaire de la province de l’Ituri.

Le plaidoyer a débuté lors de la réunion provinciale de coordination de la riposte, avant de s’achever par un point de presse conjoint du PNLP et de SANRU devant les médias. L’objectif était d’obtenir l’appropriation politique et institutionnelle de l’AMMA, de renforcer la coordination multisectorielle et de mobiliser les services administratifs, sécuritaires, sanitaires et communautaires autour de cette intervention.

Une réponse intégrée au double défi du paludisme et d’Ebola

La province de l’Ituri fait face à une double pression sanitaire. À l’épidémie de la maladie à virus Ebola s’ajoute une importante charge du paludisme, deux problèmes de santé pouvant se manifester par la fièvre et compliquer l’orientation rapide des cas.

Selon les données présentées par le PNLP, la province avait enregistré 373 019 cas de paludisme et 106 décès. Les quatre zones de santé prioritaires de Bunia, Rwampara, Mongbwalu et Nyankunde regroupent une population totale estimée à 1 110 535 habitants.

L’AMMA a ainsi été présentée comme une intervention complémentaire à la riposte contre Ebola. En réduisant les épisodes de fièvre dus au paludisme, elle doit contribuer à faciliter l’identification des cas fébriles nécessitant une investigation, à réduire la pression sur les structures sanitaires et à préserver la continuité des services essentiels.

La première phase cible plus d’un million de personnes dans les quatre zones de santé. Le premier passage, annoncé pour une durée de trois jours, repose sur une stratégie porte-à-porte permettant de rapprocher l’intervention des ménages.

Un plaidoyer axé sur l’appropriation et la sécurisation

À l’occasion de la réunion de coordination de la riposte, le PNLP a présenté aux autorités provinciales le fondement stratégique, les objectifs, les cibles et les conditions de réussite de l’AMMA.

Le plaidoyer a notamment porté sur l’appropriation officielle de l’intervention par les autorités provinciales, l’intégration de l’AMMA dans les mécanismes existants de coordination de la riposte, la sécurisation des équipes, des intrants et des itinéraires, la mobilisation des services provinciaux et des autorités de proximité, l’implication des leaders coutumiers, religieux et communautaires, le soutien à une communication officielle cohérente, la gestion des rumeurs, des préoccupations et des éventuels refus et le suivi de la qualité, de la pharmacovigilance et des données.

Le Gouverneur militaire a accueilli favorablement l’intervention et a insisté sur la nécessité d’une coordination provinciale rigoureuse. Il a également recommandé la responsabilisation des structures locales, la clarification des interventions des partenaires et l’utilisation prioritaire des compétences disponibles dans la province.

SANRU réaffirme son engagement aux côtés du Gouvernement

En qualité de Principal Récipiendaire de la subvention du Fonds mondial, SANRU accompagne le Gouvernement et le PNLP dans la traduction des orientations nationales en interventions concrètes au bénéfice des communautés.

Son appui porte notamment sur la gestion programmatique et fiduciaire, la coordination des partenaires de mise en œuvre, la contractualisation, la chaîne d’approvisionnement, la communication, l’assurance qualité, le suivi et la redevabilité.

Le budget de l’intervention s’élève à 4,6 millions de dollars américains. Il couvre, entre autres, l’acquisition et le transport des intrants, la communication, la micro-planification, les deux passages de l’AMMA, le sondage d’acceptabilité, les missions conjointes ainsi que les recherches pré et post-interventionnelles.

L’accompagnement de SANRU s’inscrit dans une expérience de près de 45 ans dans les soins de santé primaires et dans un partenariat historique avec le Gouvernement congolais. Son approche accorde une place centrale aux communautés, aux relais communautaires, aux structures sanitaires de proximité et aux organisations locales.

Des messages harmonisés portés devant les médias

Le plaidoyer s’est achevé par un point de presse conjoint au cours duquel le PNLP et SANRU ont rappelé la pertinence de l’AMMA dans le contexte sanitaire de l’Ituri.

Le PNLP a expliqué les objectifs techniques de l’intervention et appelé la population à comprendre les défis liés à la coexistence du paludisme et d’Ebola. SANRU a, pour sa part, réaffirmé son engagement à accompagner cette intervention d’urgence de santé publique et à contribuer à la réduction des fièvres dues au paludisme.

Le reportage diffusé à l’issue de l’activité a annoncé le lancement officiel de la campagne pour le vendredi 14 août 2026 sur l’esplanade du Gouvernement provincial. Il a également relayé l’appel des autorités provinciales à une implication active des communautés.

La communauté au cœur de la réussite

La réussite de l’AMMA dépendra de la qualité technique de sa mise en œuvre, mais également de la confiance et de l’adhésion des communautés.

Les autorités locales, les leaders coutumiers et religieux, les organisations de la société civile, les professionnels de santé, les relais communautaires et les médias sont appelés à soutenir la mobilisation sociale et à diffuser des informations exactes et accessibles.

Les communautés sont invitées à accueillir les équipes dûment identifiées, à suivre les conseils des prestataires et à signaler rapidement toute préoccupation ou tout événement indésirable.

À travers ce plaidoyer, le PNLP, SANRU et leurs partenaires ont réaffirmé leur engagement commun à accompagner le Gouvernement provincial, à réduire la charge du paludisme, à soutenir la riposte contre Ebola et à préserver la santé des populations de l’Ituri.


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