| 49 vues | Patrick BUKASA

SANRU consolide les acquis et accélère les progrès pour la santé maternelle et néonatale en RDC

Mis en œuvre par SANRU Asbl avec l’appui du Gouvernement suédois à travers l’ASDI, le projet BOMOYI II poursuit son ambition d’améliorer durablement la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent en République Démocratique du Congo. Déployé dans les provinces du Kasaï, du Maniema et du Kongo Central, le projet combine renforcement des capacités, amélioration de la qualité des soins, disponibilité des intrants essentiels et gouvernance sanitaire renforcée.

Les activités menées depuis le début de l’année 2026, combinées aux enseignements tirés de la revue annuelle du projet, confirment à la fois les avancées réalisées et les ajustements nécessaires pour maximiser l’impact d’ici la fin du financement en octobre 2026.

 

Former pour sauver des vies : le capital humain au cœur de BOMOYI II

Le renforcement des ressources humaines demeure un levier déterminant du projet. À Tshikapa, la formation en reconversion sage-femme à l’ISTM progresse de manière satisfaisante avec 59 apprenants, dont 55 bénéficient d’une bourse. Plus de 58 % du nouveau curriculum a déjà été couvert, avec un taux élevé d’évaluation des cours, garantissant la qualité des compétences en cours d’acquisition.

Dans une logique de durabilité et de leadership national, BOMOYI II a également investi dans la recherche opérationnelle. Avec l’appui technique de l’Université de Karolinska, 46 professionnels issus des trois provinces ont développé 12 protocoles de recherche, contribuant à une meilleure compréhension des interventions qui fonctionnent dans les contextes locaux.

Ces acquis ont été largement analysés lors de la revue annuelle, confirmant que l’investissement dans le capital humain est l’un des piliers les plus structurants du projet.

 

Des médicaments essentiels disponibles là où ils sauvent des vies

La mortalité maternelle restant fortement liée aux hémorragies du post-partum, le projet a poursuivi le déploiement massif de la carbétocine thermostable et de l’acide tranexamique, en partenariat notamment avec l’UNFPA.

En février 2026, près de 95 000 ampoules de carbétocine thermostable et plus de 9 600 ampoules d’acide tranexamique ont été distribuées ou mises en voie de distribution dans les trois provinces. À ce jour, plus de 1 000 prestataires sont formés à l’utilisation correcte de ces médicaments, et des dizaines de milliers de parturientes ont déjà bénéficié de ces interventions préventives salvatrices.

La revue annuelle a permis de confirmer que cette stratégie constitue un facteur d’attractivité des services de maternité et un levier clé pour réduire les décès maternels, tout en soulignant la nécessité d’intensifier l’appropriation par certains prestataires encore réticents.

 

Infrastructures sanitaires : améliorer l’environnement des soins

Le projet BOMOYI II a poursuivi ses investissements dans les infrastructures sanitaires afin d’améliorer la qualité, la sécurité et la dignité des soins.

Au Maniema, plusieurs incinérateurs et fosses à placenta sont déjà achevés, tout comme la réhabilitation de forages d’eau potable désormais fonctionnels avec des comités de gestion communautaires.

Dans le Kasaï et le Kongo Central, des avancées notables sont enregistrées, même si des retards dans certaines constructions de maternités et salles de pratique ont été analysés lors de la revue annuelle. SANRU a réaffirmé son engagement à renforcer le suivi technique et contractuel afin d’achever ces ouvrages dans les meilleurs délais.

 

Utilisation des services : progrès encourageants, défis persistants

Les données disponibles montrent une fréquentation élevée des services de santé maternelle, avec près de 98 % des accouchements assistés par un personnel qualifié dans les zones appuyées. Ces résultats confirment la pertinence des appuis apportés aux établissements de santé.

Toutefois, la consultation prénatale précoce et la continuité des consultations postnatales demeurent des défis majeurs, en particulier dans certaines zones du Kongo Central et du Maniema. Ces constats, largement discutés lors de la revue annuelle, appellent à un renforcement de la mobilisation communautaire, notamment à travers les relais communautaires (RECO), les leaders locaux et les acteurs provinciaux.

 

Gouvernance, redevabilité et perspectives

La revue annuelle du projet BOMOYI II a constitué un moment clé de redevabilité, de dialogue et d’alignement stratégique entre SANRU, les autorités sanitaires nationales et provinciales, ainsi que les partenaires techniques et financiers.

Elle a permis d’analyser de manière critique les résultats atteints, d’identifier les goulots d’étranglement opérationnels et de formuler des recommandations concrètes pour accélérer l’impact durant les derniers mois du projet.

 

Vers la consolidation des acquis

En combinant investissements humains, médicaments essentiels, infrastructures adaptées et gouvernance renforcée, le projet BOMOYI II confirme sa contribution majeure à l’amélioration de la santé maternelle et néonatale en RDC.

Les mois à venir seront décisifs pour consolider les acquis, corriger les insuffisances identifiées et garantir que les résultats obtenus s’inscrivent durablement dans le système de santé congolais, au bénéfice des femmes, des nouveau-nés et des communautés.



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